Voilà des années que la France ne s’était exercée à la prospective énergétique. Le retard est désormais comblé.
Le 10 octobre dernier, la commission énergie du Centre d’analyse stratégique rendait un rapport appelé à faire date. Présidée par l’ancien président de la CRE, Jean Syrota, cette commission dénonce le caractère non durable de notre système énergétique : utilisation trop importante d’hydrocarbures, gaspillage à tous les étages, inintérêt des acteurs politiques, économiques et sociaux pour les problèmes énergétiques. « La poursuite des développements actuels est le chemin le plus court et le plus certain pour aller vers des perspectives de catastrophes mondiales », résume J. Syrota. Bref, il est urgent de renverser la vapeur car « à terme, l’inaction ne laissera ouverte qu’une alternative : changer de société par la force ou la voir disparaître. » Pour préserver notre futur, l’ancien président de l’ex-« Agence pour les économies d’énergie » préconise de réduire, d’ici à 2050, notre empreinte carbonique d’un facteur 2,6. Pas besoin, estime la Commission de viser le fameux « Facteur 4 », compte tenu des faibles émissions de CO2 du secteur électrique hexagonal. Pour atteindre cet objectif, encore ambitieux, le haut fonctionnaire préconise de durcir les normes d’émission de gaz carbonique des véhicules neufs. Voitures et camions devront consommer des carburants toujours plus chers. Ce bon connaisseur des marchés de l’énergie suggère aussi d’interdire les appareils électroménagers énergivores. Comme au Royaume-Uni, les électriciens devront incorporer à leur production une part minimale d’électricité « verte ». Chaque logement se verra affublé d’un compteur intelligent permettant un meilleur suivi des consommations. Pour diminuer les consommations des bâtiments, Jean Syrota propose plusieurs dispositifs donnant la possibilité, au final, de rénover l’existant et de construire sobre. De quoi économiser 256 TWh par an. Enfin, la recherche sur le nucléaire, la séquestration du carbone, les agro-carburants de seconde génération et les bâtiments à énergie positive devra être fortement soutenue.