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Près de 28 milliards d’euros requis pour le réseau européen

L’association des gestionnaires de réseau de transport d’électricité européens, Entso-e, a présenté début avril son plan de développement du système électrique pour les dix années à venir. Cette « vision à dix ans » précise notamment les investissements nécessaires pour optimiser ce qui est communément appelé la « plaque de cuivre » européenne.

Cet ensemble est formé par les réseaux de transport d’électricité interconnecté de quelque 34 pays, et va donc bien au-delà des frontières de l’Union européenne. Il alimente en courant quelque 525 millions d’habitants. Pour l’organisation transnationale, ce sera entre 23 et 28 milliards d’euros qu’il faudra injecter, en dix ans, dans les lignes de transport européennes. Une très importante partie de ce montant devra être dépensé autour de la Mer du Nord et de la Baltique, où les besoins en interconnexions et l’intégration de nouvelles capacités en énergies renouvelables sont très forts.

Pour Entso-e, l’augmentation de la demande électrique de la plaque de cuivre sera en effet modérée, de l’ordre de 1,5% par an sur la décennie 2010-2020. Ce qui signifie que la demande atteindra 3 657 TWh en 2020. A cette date, la production à base d’ENR devrait représenter, selon les projections de l’organisme 933 TWh, soit un quart de la production totale des pays concernés. L’intégration de ces nouvelles capacités en ENR dans le cadre de la stratégie européenne « des trois fois 20 » (visant à disposer de 20% de la production électrique à partir d’ENR en 2020) va ainsi constituer l’un des plus gros chantiers de la décennie à venir. La sécurisation du transport de courant sera le deuxième chantier majeur de ces dix années.

Entso-e juge que quelque 500 investissements seront nécessaires au bon fonctionnement du réseau européen, soit un total de 35 000 km de lignes de transport supplémentaires et la rénovation de 7 000 km de réseau existant. Près de la moitié des chantiers (44%) serait à entreprendre dans les cinq ans à venir. Les investissements les plus urgents sont ceux situés au Nord, pour l’intégration de l’éolien majoritairement (Mer du Nord et Baltique), et au sud (Péninsule ibérique, où, outre l’éolien, le raccordement de projets solaires et hydrauliques est crucial).

Enfin, pour répondre aux importants flux d’électricité sur les axes est-ouest, et nord-sud, des besoins de renforcement des lignes sont également parmi les priorités. Sans oublier que devront être raccordées au réseau de nouvelles centrales conventionnelles pour un total de quelque 100 000 mégawatts supplémentaires en dix ans. Une bonne partie de ces investissements devrait être actée dans la communication à la Commission des projets d’investissement relatifs aux infrastructures énergétiques dans la Communauté européenne.

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