Lancés en juillet 2006 pour trois ans, les certificats d’économie d’énergie peinent encore à montrer leur efficacité. Ce qui n’empêche pas nombre d’entreprises et de collectivités de recourir à ce mécanisme vertueux.
L’objectif défini aux certificats d’économie d’énergie (CEE) n’était pourtant pas très élevé : 54 TWh cumac en trois ans. Hélas, il risque fort de ne pas être tenu. C’est ce qu’il ressort du premier bilan officiel, publié à la fin du mois de mars, dans le dernier numéro de la lettre Ademe & Vous. Au 31 décembre dernier (donc à mi-parcours d’un système dont la première période d’engagement prend fin le 1er juillet 2009, ndlr), « le registre comptabilisait 9,52 TWh cumac d’opérations certifiées, soit environ 18% de l’objectif à atteindre sur la première période », note le document. Ces 9,52 TWh cumac ont été attribués à 47 bénéficiaires et ont fait l’objet de 154 opérations de délivrance de certificat.
En raison de l’importance des objectifs assignés aux opérateurs historiques (80% des obligations), il était probable que l’essentiel des actions soit réalisé dans le secteur résidentiel. Ce qui s’est précisément produit. En adaptant leurs offres classiques, les deux compagnies ont massivement orienté (à 95,6%) leurs actions vers le secteur résidentiel. Viennent ensuite le secteur tertiaire (1,4%), l’industrie (1%), les réseaux (0,7%) et les transports (0,4%). Les programmes certifiés portent principalement sur la diffusion d’équipements thermiques dans le bâtiment : chaudières à basse température ou à condensation, pompes à chaleur, chauffe-eau solaires. Les travaux d’amélioration du bâti représentant 17,7% des actions certifiées.
Mais tous les CEE ne mènent pas aux énergéticiens. Ainsi, en finançant le chauffage de trois bâtiments par les effluents d’une chaudière de leur site de Craponne (Rhône), les laboratoires BioMérieux ont acquis 1,8 GWh cumac. En munissant tous les bâtiments communaux de robinets thermostatiques et en équipant d’un Variateur Electronique de Vitesse (VEV) la centrale de traitement d’air de son palais des congrès, la ville de Blois a reçu 1,58 GWh cumac. Bordeaux n’en est pas encore là, mais pourrait suivre le mouvement. La capitale de l’Aquitaine a déjà réalisé des pré-diagnostics énergétiques sur 80% de ses bâtiments. Ce qui lui a permis de préparer un programme d’investissements pluriannuels. Ce programme pourrait être réalisé par un « obligé » (dont le choix est en cours) qui récolterait alors les 7,3 GWh espérés.