C’est l’un des projets les plus ambitieux que la présidence française de l’Union européenne doit mener à bien.
Le paquet « Energie-Climat » est une somme de quatre projets de directives devant encadrer et dynamiser la lutte que mèneront les 27 pays membres contre les changements climatiques. L’objectif de ce « paquet » est ambitieux : réduire de 20% les émissions de gaz à effet de serre des « 27 » d’ici à 2020. Pour ce faire, l’Europe devra produire 20% de son énergie avec des énergies renouvelables, réduire de 20% ses émissions de dioxyde de carbone et améliorer de 20% son efficacité énergétique. C’est le fameux « 3x20% ». Officiellement, toute l’Europe soutient ce programme. Mais dans les faits, rarement l’Union européenne aura été autant désunie. Car, l’une des actions les plus importantes du « paquet » est la réforme drastique du marché de quotas d’émission de gaz carbonique. Soutenue par l’Euro-parlement, la Commission européenne veut généraliser la mise aux enchères de quotas qui jusqu’à présent étaient alloués gratuitement aux industriels. Ce nouveau mode de distribution contraindrait, explique Bruxelles, les grands émetteurs à réduire fortement leurs rejets carbonés. De plus, il permettrait de dégager de substantiels revenus (une quarantaine de milliards d’euros par an) pour financer une douzaine d’expériences de capture et de séquestration géologique du CO2. Mais de nombreux gouvernements ne l’entendent pas ainsi. La plupart des nouveaux membres, épaulés par l’Italie et la Grèce, s’opposent à la vente des quotas. L’Allemagne veut la réserver aux secteurs ne pouvant délocaliser. De leur côté, l’Espagne, le Danemark et le Royaume-Uni souhaitent utiliser la manne des enchères pour financer la recherche sur les énergies renouvelables plutôt que celles portant sur la séquestration. Bref, à quelques semaines de la fin de la présidence française de l’UE, l’adoption du « paquet énergie climat » reste encore bien incertaine.