Plein succès ou retentissant échec ? Le sommet climatique de Durban, qui s’est achevé le 9 décembre, tient sans doute un peu des deux. Tout dépend de ce que l’on attend de ces grands rendez-vous.
Ceux qui espéraient la conclusion d’un accord mondial obligeant ses signataires à réduire leurs émissions de gaz à effet de serre (GES) doivent, bien sûr, déchanter. Tout comme ceux qui pariaient sur un collapsus des négociations.
A porter au crédit de la quinzaine de discussions : la réaffirmation des objectifs poursuivis. Comme après Copenhague, en 2009, et Cancun, en 2010, la communauté internationale entend toujours limiter le réchauffement global à 2°C.
Le vrai pas en avant a été l’acceptation par les pays émergents, notamment la Chine et l’Inde, de la nécessité à ce que les 194 pays signataires de la convention sur les changements climatiques de 1992 s’engagent à réduire massivement leurs émissions de GES. Certes, les objectifs par pays ne sont pas encore gravés dans le marbre juridique, mais cela devra être faits d’ici à 2015. En attendant, les pays émergents et en développement devront adresser, tous les deux ans, à l’ONU un inventaire précis de leurs rejets de GES.
Malgré la défection des Etats-Unis, du Canada, du Japon et de la Russie, le protocole de Kyoto se voit prorogé jusqu’en 2018. Cela permettra notamment d’utiliser six années de plus les mécanismes de flexibilité (mécanismes de développement propre, mise en œuvre conjointe, échange de quotas d’émissions). Au moins jusqu’à l’entrée en vigueur du prochain accord international.
Initié à Copenhague, le financement des actions climatiques des pays pauvres par les nations les plus riches a été conforté. Ces dernières devront abonder un Fonds vert pour le climat jusqu’à 100 milliards de dollars par an à l’horizon 2020.
Autre gain intéressant : le retour de la diplomatie américaine dans les tractations climatiques onusiennes. Désormais sur la même longueur d’onde que Bruxelles, Washington entend réduire de moitié les rejets de GES américains d’ici à 2050.
Seule ombre au tableau : l’efficacité des promesses faites à Durban. Selon les climatologues, le train de mesures adopté durant la quinzaine limitera, peut être, à 3,5°C la hausse moyenne de la température globale. Un premier pas qu’il convient de doubler rapidement.