Le photovoltaïque va-t-il payer la rançon de son succès ? C’est ce que craignent les professionnels du secteur. Le 11 février, deux hauts fonctionnaires, mandatés par le gouvernement, ont présenté leur projet de restructuration de la filière. Une filière, qui malgré son fort développement, a été mise à mal depuis quelques mois.
En 2010, près de 1000 MWc de capacités ont été raccordés aux réseaux et les demandes de raccordement ont atteint 6 GWc : plus que les objectifs fixés par le Grenelle Environnement pour 2020 ! Un tel déploiement menaçait d’alourdir considérablement le montant de la contribution au service public de l’électricité (CSPE), qui finance le rachat obligatoire de l’électricité produite par les centrales photovoltaïques.
Pour éviter d’en arriver là, le gouvernement a réduit à deux reprises le tarif de rachat et décrété, début décembre, un moratoire sur l’achat de l’électricité d’origine photovoltaïque. Dans la foulée, les ministères en charge de l’écologie et de l’énergie ont commandé à Jean-Michel Charpin et Claude Trink une étude sur la réorganisation du secteur.
Pour conjuguer développement du solaire français et stabilité de la CSPE, les auteurs du rapport préconisent notamment l’organisation d’appels d’offres réguliers pour les installations au sol de grande puissance. Ils recommandent aussi la réévaluation régulière des tarifs de rachat.
A charge pour l’administration de donner du contenu à ces propositions. Il dispose encore de quelques semaines pour le faire.