L’Union Française de l’Électricité (UFE) a profité de son colloque annuel, mi-novembre, pour appeler les politiques à avoir plus de mesure et à ne pas prendre de décisions « sous le coup de l’émotion ». « L’UFE pense que ce n’est qu’en 2030 qu’il faudra décider du futur mix énergétique ».
Robert Durdilly, le président de l’association des électriciens actifs en France, a ainsi rappelé qu’il faut « laisser ouverts tous les choix technologiques », visant clairement les débats politiques actuels autour du nucléaire. « Il apparaît que des décisions en rupture à court terme seraient inefficaces, tant au plan économique - destruction de valeur du parc nucléaire historique, perte de surplus des exportations, surcoûts importants de technologies encore insuffisamment matures, etc. - qu’au plan environnemental avec une dégradation inéluctable du bilan CO2 », écrit l’UFE.
Néanmoins, pour plus de pédagogie, l’Union patronale a élaboré trois scénarios à horizon 2030 en fonction du niveau de production d’origine nucléaire. Trois scénarios qui chiffrent les conséquences d’un changement de « mix » électrique et qui prennent en compte tous les aspects prospectifs : niveau des investissements globaux (énergie, réseau, taxes diverses), rentabilité, notamment des centrales au gaz, prix de l’électricité, impact sur les rejets carbonés, sur la balance des paiements.
Présentés le 14 novembre dernier devant la commission « Energie 2050 », ces propositions de l’UFE visent également à opposer des réponses à la multiplicité des scénarios de sortie du nucléaire mis en avant récemment, à l’aune des élections présidentielles de 2012 en France. Ainsi, pour l’UFE, compenser une sortie du nucléaire à l’horizon 2030 par une association maîtrise de l’énergie/ énergies renouvelables est totalement « illusoire » . « Les énergies renouvelables ne peuvent se substituer complètement à l’énergie nucléaire, il est dès lors indispensable de renforcer la production thermique », affirme l’Union, qui considère en outre qu’une part d’EnR de 40% dans le mix énergétique serait un maximum « au-delà duquel la sécurisation du système ne serait plus assurée ». Et l’UFE de rappeler qu’il convient de « raisonner sur la base d’une politique industrielle de long terme » couvrant tout le secteur.
GDF SUEZ met depuis des années en avant une telle logique de mix électrique équilibré, sans se priver de technologies performantes, et le plus décarboné possible. Ainsi, en France, la branche Énergie France offre un mix énergétique composé aux trois-quarts par des énergies non émettrices de CO2. Le parc électrique de GDF SUEZ est en outre, au plan mondial, l’un des plus diversifiés. En matière de production, le gaz, essentiellement des équipements à haut rendement en cycle combiné, occupe la première place, avec plus de 50% des livraisons, devant les ENR (près de 20%), le nucléaire (13%), le charbon (11%).