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Accueil du site Actualités Décembre 2011 L’AIE joue une nouvelle fois les Cassandre

L’AIE joue une nouvelle fois les Cassandre

« Sans un changement audacieux de politique, le monde va s’enfermer lui-même dans un système énergétique pas sûr, inefficace et très carboné ». Chaque année, en novembre, la livraison du World Energy Outlook de l’Agence internationale de l’énergie (AIE) revêt les habits de Cassandre. L’opus 2011 ne fait pas exception.

L’Agence de l’OCDE rappelle que la croissance, la prospérité et l’augmentation de la population entraîneront une forte progression de la consommation d’énergie. Et l’AIE d’interpeller les gouvernements, jugeant que sans action politique forte, cela devrait accroître très sensiblement les tensions sur les marchés et la concentration de gaz à effet de serre de l’atmosphère.
Le World Energy Outlook 2011 insiste sur les projections : la consommation d’énergie va progresser d’un tiers d’ici 2035. Une hausse issue à 90% des pays non-OCDE. Dans moins d’un quart de siècle, la Chine consommera 70% de plus d’énergie que les Etats-Unis.

Cet appétit pour l’énergie ne sera pas sans conséquences environnementales. Si les Etats suivent leur politique climatique, accroissent leur soutien aux énergies renouvelables, l’AIE annonce tout de même une hausse de 20% des émissions de CO2 d’ici 2035. De quoi porter l’augmentation de la température de la planète sur une trajectoire de plus de 3,5°C. Bref, à moins de donner un très sérieux coup de collier avant 2017, la porte des 2°C de hausse de la température globale (objectif international scellé lors des sommets de Copenhague et de Cancun), reste fermée, prévient l’AIE.
En revanche, si du fait de la crise, les Etats renonçaient aux actions promises, la planète suivrait une trajectoire de hausse de la température de 6°C : le pire des scénarios imaginés par les climatologues ! Bien sûr, la décarbonisation de nos sociétés passe par un fort soutien aux énergies renouvelables. La part des énergies fossiles dans le mix tombera à 75% contre 81% aujourd’hui, celle des énergies renouvelables montera à 18%, contre 13%, mais elle sera soutenue par des subventions qui devront passer de 64 milliards de dollars en 2010 à 250 mds$ (184 Md€) en 2035, un soutien qui, dans certains cas, pourrait ne pas être garanti « en cette période d’austérité fiscale ». Par comparaison les aides publiques allouées dans le monde à la consommation de combustibles et carburants fossiles s’est élevée, l’an passé, à 409 Md$ (301,14 Md€).

L’accident de Fukushima a d’autre part soulevé une interrogation sur le rôle futur de l’énergie nucléaire. Dans le scénario « Nouvelles politiques », qui repose sur l’idée que les engagements récents des Etats seront mis en oeuvre, la production nucléaire croît de plus de 70% d’ici 2035, à peine moins que dans le rapport 2010. Mais un nouveau scénario « spécial bas nucléaire » anticipe une diminution de 15% des capacités, qui impliquerait certes un boom pour les énergies renouvelables mais entraînerait simultanément une augmentation des factures d’importation d’énergie, des inquiétudes en matière de sécurité d’approvisionnement et rendrait « plus difficile et plus coûteuse » la lutte contre le changement climatique.

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