Dans la foulée de la PPI électricité (voir ci-avant), Jean-Louis Borloo a également présenté le Plan indicatif pluriannuel (PIP) pour le gaz. Un exercice similaire à celui réalisé pour l’électricité et la chaleur, mais, qui au contraire des deux autres études prospectives, n’entraîne pas de publication d’un quelconque arrêté permettant de lancer des appels d’offres par la suite si nécessaire.
La déclinaison des mesures globales de contraction de la demande (-6% de baisse par rapport au scénario de référence, dit « tendanciel ») se traduit, dans le cas du gaz par un recul de la consommation à l’horizon 2020. La demande en gaz devrait ainsi « diminuer légèrement », - 10 % quand même ! Si dans ce cas la baisse dans les secteurs résidentiel et tertiaire est importante (de 20% à 30 %), elle est compensée en partie par des hausses dans le secteur de la production d’électricité à partir du gaz naturel.
Concernant le gaz, on aurait pu penser que face à la tendance à la baisse, les investissements resteraient limités. Au contraire, le PIP évoque un montant cumulé des investissements d’ici à 2020 de 10 milliards d’euros. Des dépenses à consentir pour développer « davantage d’infrastructures (terminaux méthaniers, capacités de transport, etc., ndlr) pour plus de sécurité d’approvisionnement ». En effet, plus le gaz va percer dans le secteur de la production d’électricité - notamment pour palier à la fermeture de centrales au charbon dont l’arrêt est prévu dans le cadre de la directive sur les grandes installations de combustion - plus la question de sécurité d’approvisionnement sera prégnante.
Il s’agit enfin de parvenir à une véritable coopération européenne en la matière, a insisté le ministre, en fluidifiant les échanges sur le réseau, notamment en autorisant la réversibilité des flux au niveau européen ; la crise gazière entre la Russie et l’Ukraine en début d’année ayant démontré qu’il est souvent impossible de faire fonctionner les gazoducs dans les deux sens.