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Hausse modérée du tarif réglementé de l’électricité

Le gouvernement est monté au créneau afin d’éviter une nouvelle hausse des prix de l’électricité. François Fillon, le Premier ministre, a demandé à Christine Lagarde, ministre de l’Economie, et Eric Besson, ministre en charge de l’Energie, de saisir, pour avis, la Commission de Régulation de l’Énergie (CRE) d’une proposition de hausse de 1,7 % de l’ensemble des tarifs réglementés de l’électricité, applicable au 1er juillet 2011.

« Cette hausse, inférieure à l’inflation, répercute les coûts liés aux réseaux de transport et de distribution d’électricité », indique le Premier ministre. En outre, « le relèvement de 0,3 centime d’euro par kilowattheure de la Contribution au service public de l’électricité (CSPE) prévu le 1er janvier 2012, en application des dispositions législatives actuelles, ait lieu pour moitié le 1er juillet 2011 et pour moitié le 1er juillet 2012. Ceci se traduira par une hausse de 1,2% de la facture des ménages à chacune de ces échéances et permettra de lisser l’effet de ce relèvement », propose le Premier ministre. Au total, jusqu’au 30 juin 2012, le prix de l’électricité devrait ainsi augmenter de 2,9 % pour les Français. Une hausse, inférieure à l’inflation, qui « répercute les coûts liés aux réseaux de transport et de distribution d’électricité », c’est-à-dire le Tarif d’utilisation des réseaux publics d’électricité (Turpe), a précisé Matignon.

Les hausses liées à la production (pour cause de renchérissement du baril de pétrole, et donc du gaz), sont exclues. Traduite en euros par MWh, la CSPE devrait également augmenter au 1er juillet, de moitié du niveau maximum autorisé théoriquement le 1er janvier 2012, soit 1,5 euros/MWh. Une nouvelle hausse de CSPE est prévue, d’un même montant, pour le 1er juillet 2012. Matignon veut ainsi éviter d’avoir à annoncer une hausse au 1er janvier 2012, à quatre mois des élections présidentielles. Cet aménagement sera proposé dans le prochain projet de loi de finances.
Outre que ces hausses de tarif de l’électricité ne prennent pas en compte les coûts de production à partir des sources fossiles et ne devraient donc pas intégrer l’ensemble des coûts liées au soutien aux énergies renouvelables (coût qui devrait se retrouver dans la CSPE), le coût du nucléaire lui-même pourrait être impacté par la crise japonaise de Fukushima.
Ainsi, l’économiste en chef de l’Agence Internationale de l’Énergie (AIE), Fatih Birol, estime que l’une des conséquences des changements attendus à cause de la catastrophe de Fukushima sera une hausse des prix de l’électricité. La moindre diversification du portefeuille énergétique mondial va conduire à une hausse du coût de l’énergie, donc des prix de l’électricité. L’AIE anticipe en effet déjà une division par deux des projets nucléaires et un recours accru au charbon et au gaz.
En outre, les exploitants nucléaires s’attendent à un renforcement des critères de sécurité et de sûreté sur les réacteurs, et donc à des investissements en la matière qui devront être, à leur tour, intégrés dans les coûts de production. Autant de mauvaises nouvelles pour les futurs prix du courant.

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