Répondant à une question sur les gaz de schiste posée lors de la conférence de presse sur les résultats du groupe GDF SUEZ, début mars, Gérard Mestrallet, Président-directeur général, a rappelé que l’exploitation de cette source de gaz non-conventionnelle constitue « une vraie transformation de l’économie de l’énergie mondiale ».
Aux Etats-Unis, remarque-t-il, le développement de ces gaz non-conventionnels a permis au pays d’atteindre quasiment l’autosuffisance. En outre, les Etats-Unis sont ainsi redevenus les premiers producteurs mondiaux de gaz, devant la Russie. Grâce aux gaz de schiste, les réserves mondiales représentent désormais près de 120 ans de demande, voire même deux siècles de production, contre 60 ans auparavant.
Sur la polémique autour de l’exploration-production de « gaz de roche » en France, Gérard Mestrallet pose la question : « est-ce qu’on veut savoir s’il y a du gaz de roche ou est-ce qu’on s’interdit de le savoir ? » Rien n’est prouvé pour le moment, car il s’agit d’exploration, balayant d’un geste les chiffres optimistes qui circulent. En revanche, s’il existe des réserves en France, il faudra savoir s’il est possible de les exploiter en protégeant l’environnement. Là, c’est au gouvernement de fixer les conditions.
Le ministère de l’Écologie a confié à ses services une mission en la matière, avec un rapport prévu fin mai sur le sujet. GDF SUEZ devrait être présent dans ce domaine, en France, aux côtés de Schuepbach Energy, même si l’accord n’est toujours pas signé, a insisté le Président-directeur général de GDF SUEZ.
Une récente étude de Wood Mackenzie fait apparaître une production potentielle de gaz non conventionnels susceptible de répondre, au total, à plus de 20% de la demande des pays importateurs majeurs de gaz (Chine, Inde et Europe) dès 2030.