On l’a oublié, mais la France a longtemps été un pays producteur de gaz. Du sous-sol de Lacq (64), on a extrait des milliards de m3 de gaz naturel durant une quarantaine d’années. Le gisement est désormais en voie d’épuisement. Mais les géologues ne désespèrent pas de lui trouver des successeurs. Depuis quelques mois, plusieurs compagnies gazières explorent les couches géologiques du sud et de l’est de la France, ainsi que celles de l’Île-de-France. Leur cible : du gaz de schiste.
De composition proche de celle du gaz naturel, ce gaz a pour particularité d’être présent en faible concentration dans un grand volume de roche. La solution pour exploiter les gisements de ce gaz « non conventionnel » (tel le gaz de charbon ou le gaz compact) est d’injecter de l’eau et des produits chimiques dans la roche pour la fracturer. La multiplication des fissures facilite la récupération du gaz. Mais elle peut aussi ouvrir la voie des nappes phréatiques aux produits chimiques utilisés par les compagnies pétrolières.
Ce risque a conduit le gouvernement à faire stopper les opérations d’exploration, le 10 février dernier. Les inspecteurs du Conseil général de l’industrie, de l’énergie et des technologies et du Conseil général de l’environnement et du développement durable disposent de quatre mois pour étudier l’exploitation des gaz non conventionnels (GNC) en France et ses conséquences. Ce n’est qu’à l’examen de leur rapport que la direction générale de l’énergie et du climat décidera ou non de la poursuite de la production des GNC.