Pour son premier exercice annuel d’entité fusionnée, GDF SUEZ a insisté sur la capacité du nouvel ensemble à dégager des bénéfices, la solidité de sa structure financière et, surtout, sa volonté d’exploiter à fond au cours des prochaines années le potentiel de l’ensemble des activités afin de devenir un acteur incontournable de l’énergie à l’échelle mondiale. Au-delà du passé récent, le PDG, Gérard Mestrallet, a surtout eu à coeur de brosser « une vision industrielle de long terme » et la capacité du groupe à affronter les « gros temps », tout en menant à bien « des objectifs cohérents et réalistes ». « La priorité du groupe est la croissance organique et non les fusions-acquisitions », a-t-il par ailleurs affirmé. Une volonté qui se traduit dans les 30 milliards d’euros d’investissements que GDF SUEZ a entrepris de consacrer à ses développements futurs pour la période 2008-2010. Un montant, dont 11,8 milliards d’euros ont déjà été engagés sur l’exercice écoulé. « Nous sommes en avance. Nous ferons un peu moins en 2009 et 2010 », a ajouté Gérard Mestrallet. Des investissements en premier lieu consacrés aux infrastructures de production d’énergie. Sur ce point, malgré la conjoncture économique défavorable, Gérard Mestrallet a l’œil rivé sur l’horizon 2030 avec « un doublement attendu de la demande électrique » (+ 2,4 % par an en moyenne). Rien que jusqu’à 2020, la puissance installée des centrales qui doivent être construites totalise 340 GW, soit « trois fois le parc français ». Le groupe, qui dispose actuellement de 68 GW de capacités installées et vise les 100 GW dès 2013, entend ainsi profiter dès cette année des plans de relance européens, américains et chinois, qui font une large place aux dépenses en infrastructures énergétiques. « Nous ne sommes pas dans le superflu mais dans l’essentiel », a-t-il insisté. Estimant même que « la crise va donner une priorité accrue aux infrastructures et à l’environnement », un domaine où, rappelle-t-il, « l’urgence reste la même ». La ligne s’appuie en conséquence sur trois piliers. D’abord, renforcer des positions de GDF SUEZ tout au long de la chaîne de valeur énergétique, c’est-à-dire à la fois la production d’électricité en Europe, l’amont gazier (aux Pays-Bas, en Libye, en Azerbaïdjan...) et le “midstream” (Italie, Etats-Unis, notamment le Golfe du Mexique, Allemagne...) et les infrastructures (GRTgaz, GrDF, Elengy, Storengy). Ensuite, conforter les trois domaines où le Groupe exerce un leadership mondial : le GNL (gaz naturel liquéfié), l’IPP (Independant Power Production) dans des pays tels que ceux du Golfe arabo-persique, le Brésil, le Chili, l’Amérique du Nord, la Thaïlande... et les services à l’énergie (avec Cofely). Enfin, accentuer les synergies entre énergie et environnement, notamment à Bahrein et Oman.