Pour le président du directoire de RTE, Dominique Maillard, l’année 2007 a été sans grande surprise en termes de demande.
Le gestionnaire du réseau français de transport d’électricité évalue en effet que la consommation d’électricité, en France en 2007, a connu une hausse « modérée » (+0,4%) par rapport à 2006, pour représenter 480,3 TWh. Et même si, en données corrigées des variations saisonnières et hors secteur énergie (pertes et autoconsommation), cette hausse atteint +1,6%, la progression n‘est soutenue que par le résidentiel-tertiaire (+2,6%) et les PME-PMI (+1,0%). La demande de la grande industrie recule de 1,4%. Conséquence de cette tendance au tassement de la demande, la production d’électricité a légèrement baissé (-0,8%). Un recul sur les centrales nucléaires de 2,3% à 418,6 TWh, tandis que la production d’origine hydraulique augmentait de 3,6% (63,2 TWh), celle d’origine thermique (gaz, fioul, charbon) de 2,2% (55 TWh) et celle issue des autres sources d’énergies renouvelables de 41% (8 TWh). D. Maillard souligne un « fort développement de l’éolien », qui, avec une production en hausse de 80% à 4 TWh, et 0,8% des fournitures, « commence à être visible et significatif ».
Autre tendance lourde du bilan annuel de RTE, la France importe de plus en plus d’électricité depuis 2001. Même si, en 2007, le solde annuel demeure largement exportateur, indique RTE, depuis 2005, le nombre de journées présentant un solde importateur a augmenté, pour atteindre 20 en 2007. Le solde en 2007 entre les exportations (83 TWh) et les importations (27,5 TWh) a atteint 55,5 TWh (-10,5% par rapport à 2006). D. Maillard s’attend d’ailleurs à « un tassement, même si la France restera le premier exportateur en Europe ». Le responsable de RTE juge cependant que cette tendance constitue « un retour à la normalité », après une « surcapacité que l’on pouvait qualifier d’absolue auparavant, soit 365 jours par an ! ».
Ces chiffres n’excluent pas une hausse des investissements de RTE. D. Maillard a ainsi signalé qu’il espère qu’ils atteindront « près d’un milliard d’euros en 2009 », contre plus de 850 millions prévus en 2008 et près de 800 millions en 2007. Ces investissements, rendus possible grâce au désendettement de RTE, serviront plus particulièrement pour moitié du budget à renforcer le réseau existant en régions ou à raccorder les nouveaux moyens de production comme les éoliennes. Côté interconnexions, les dépenses représentent près d’un quart du montant global pour renforcer ou créer des lignes avec les autres pays. Le président du directoire de RTE a rappelé que sur le projet d’interconnexion France-Espagne, « quelques millions d’euros » seraient dépensés en études en 2008, mais le planning fixé entre les deux pays lors du sommet franco-espagnol du 10 janvier dernier, prévoit des solutions concrètes d’ici à juin 2008, puis des enquêtes publiques.