Les climatologues du GIEC sont formels. D’ici à 2050, 20% à 40% du CO2 émis par les combustibles fossiles (hydrocarbures, charbon) pourraient être stockés dans des formations géologiques étanches.
Non encore matures, les technologies de la séquestration du gaz carbonique progressent pourtant à grand pas.
Le 7 février, le président-directeur général du Groupe SUEZ, Gérard Mestrallet, a annoncé, pour 2010, le lancement d’un pilote en région parisienne. Pour encadrer cette activité non dénuée de risques ni d’appréhension, la Commission européenne a élaboré un projet de directive sur le stockage du carbone.
Présenté le 23 janvier, ce texte oblige les propriétaires des centrales thermiques qui entreront en service après l’entrée en vigueur de la directive à dimensionner leurs installations pour qu’elles puissent, par la suite, filtrer le CO2 des effluents. S’il laisse les exploitants assez libres d’injecter le dioxyde de carbone là où ils le souhaitent, le projet les oblige à séquestrer le carbone dans une structure géologique assurant « un stockage permanent du CO2 ».
Le texte interdit aussi l’injection du gaz dans les colonnes d’eau de mer. Laissant aussi le soin aux gouvernements d’adapter leur droit en matière de contrôle et de surveillance des sites, la Commission se garde un droit de regard sur chaque projet, afin de vérifier qu’il ne comporte aucune mesure anticoncurrentielle, par exemple. Les gazoducs de transport de gaz carbonique devront ainsi être ouverts à tout industriel souhaitant stocker son dioxyde de carbone dans le sous-sol.
Last but not least, chaque tonne de carbone injectée ne génèrera pas le moindre quota d’émission supplémentaire. Qu’on se le dise !