A quelques semaines de l’ouverture du sommet climatique de Copenhague, le constat est sans appel. Si la communauté mondiale veut suffisamment réduire ses émissions de gaz carbonique dans les années à venir, il lui faudra effectuer sa révolution énergétique.
Dans son rapport annuel, à paraître début novembre, l’Agence internationale de l’énergie rappelle que la seule production d’électricité contribue déjà pour 40% des émissions anthropiques de CO2. Et si rien n’est fait, ces rejets vont croître de 58% d’ici à 2030. Une tendance incompatible avec le maintien d’un système climatique stable.
L’Union européenne (UE) partage cet avis et tire, elle aussi, la sonnette d’alarme. Le 7 octobre dernier, Bruxelles a appelé les pouvoirs publics, les entreprises et les chercheurs à conjuguer leurs efforts pour développer d’ici à 2020 les technologies nécessaires pour réduire l’empreinte carbone du secteur énergétique et améliorer la sécurité d’approvisionnement de l’UE. Un effort qui promet d’être considérable.
Dans une proposition sur l’investissement dans le développement des technologies énergétiques à faible émission de carbone, la Commission estime qu’il faudra investir 50 milliards d’euros de plus dans la recherche au cours des dix prochaines années. Ce qui revient à quasiment tripler les investissements européens, qui passeraient ainsi de 3 à 8 milliards d’euros par an.
Dans le cadre du plan stratégique européen pour les technologies énergétiques (plan SET), l’industrie et les chercheurs ont recensé cinq domaines où les principales technologies sobres en carbone présentent un potentiel élevé : l’éolien, le solaire, l’interconnexion des réseaux électriques, la fission nucléaire durable et le captage et stockage de carbone (CSC). A ce propos, les 22 pays membres du Forum directif pour le piégeage du carbone ont appelé, le 13 octobre à Londres, à développer considérablement le nombre de projets de « séquestration » du CO2, une technologie qui pourrait contribuer à réduire de 10% à 15% les émissions de gaz carbonique mondiales.