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Accueil du site Actualités Mars 2011 Bruxelles veut réduire de 80% l’empreinte carbone européenne

Bruxelles veut réduire de 80% l’empreinte carbone européenne

Après des mois d’études et de consultations, la Commission européenne a publié, le 8 mars dernier, sa stratégie climatique à long terme. Son objectif : diminuer d’au moins 80% (par rapport à 1990) les émissions de GES des 27 en quarante ans. Ceci afin de limiter à 2°C le réchauffement climatique, conformément aux engagements pris par la communauté internationale, en 2009 et 2010.

Le secteur de l’énergie devra faire les efforts les plus conséquents. A l’horizon 2050, Bruxelles l’imagine pratiquement « décarboné ». Le mix énergétique du futur sera donc composé d’énergies renouvelables, de centrales thermiques équipées de systèmes de captage-stockage de CO2 (CSC) et de réacteurs nucléaires. D’un pays à l’autre, la part de ces technologies « bas carbone » variera, mais le salut climatique de l’Europe de l’énergie passe par leur généralisation. Le renforcement annoncé du système communautaire d’échange de quotas d’émission y contribuera.

La feuille de route du transport propre est, en revanche, un peu moins détaillée. Bruxelles compte beaucoup sur une électrification massive du parc de véhicules terrestres. En 2020, insiste la Commission, 10% des flottes de transport devraient être électriques. Faute de ressources illimitées, l’utilisation des agro-carburants sera restreinte. Et une bonne part d’entre eux sera réservée aux moyens de transport lourds : avion, camion, etc.

Le document de la Commission insiste aussi sur l’indispensable révolution à mener dans le bâtiment. Un secteur, rappelle l’étude, « dont les émissions pourraient être réduites de 90% environ ». Pour ce faire : durcissement des normes thermiques, banalisation des sources de production d’énergies renouvelables, aides fiscales à l’achat d’immeubles sobres.

L’industrie devra poursuivre ses efforts. Au menu : efficacité énergétique à tous les étages, maîtrise de la demande d’énergie et CSC pour les installations les plus émettrices, comme les cimenteries ou les aciéries.

A l’origine d’un peu plus de 10% des GES anthropiques européens, l’agriculture devra réformer ses pratiques culturales, préserver les sols captant le CO2 (prairies, forêts, tourbières). Le tout en accroissant sa productivité puisqu’il s’agira, en 2050, de nourrir 9 milliards de terriens : 2 milliards de plus qu’aujourd’hui.

Et combien la mise en œuvre de ce programme coûtera-t-elle ? La Commission estime possible d’atteindre son « objectif 2050 » en investissant 270 milliards d’euros par an. La somme peut paraître importante, mais le retour d’investissement l’est tout autant. En mettant en œuvre toutes les mesures de maîtrise des consommations énergétiques possibles, les 27 pourraient réduire de 320 milliards € par an le montant de leur facture énergétique.

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