Le Service de l’Observation et des Statistiques du Commissariat général au développement durable a rendu public début juillet, le Bilan énergétique de la France pour l’année 2009.
Un bilan de crise économique, laquelle a pesé lourdement sur la demande, notamment avec de fortes baisses de la production industrielle (- 15% pour l’indice de l’industrie manufacturière). En France métropolitaine, par rapport à la tendance à la stabilisation observée ces dernières années, la baisse globale atteint les 5,2%, soit un « un net décrochage », indique le service du MEEDDM. Ainsi, la consommation totale d’énergie primaire ressort à 259 millions de tonnes équivalent pétrole (Mtep). La consommation énergétique finale baisse un peu moins (- 3%), à 156 Mtep. L’intensité énergétique diminue nettement pour l’énergie primaire (- 2,7%), mais moins pour l’énergie finale (- 0,4%) : baisses du nucléaire, du raffinage, de la pétrochimie se sont fortement répercutées sur la consommation primaire, mais pas sur la demande finale.
La production primaire totale d’énergies renouvelables (thermiques et électriques) atteint 20 Mtep, battant son record de 2008. Mais la hausse n’est que de 1,8%, fléchissant nettement par rapport à l’année précédente (+ 14%). L’année 2009 a été en effet marquée par un net recul de l’hydraulique (-11%, soit - 0,6 Mtep), à cause d’un manque de pluviosité. Les biocarburants (+ 0,3 Mtep), l’éolien, les pompes à chaleur et le bois-énergie (+ 0,2 Mtep chacun) ont cependant compensé la faiblesse hydraulique. A la fin 2009, la part des ENR dans la consommation passe à 12,4%, soit une évolution par rapport aux 9,7% de 2005. En termes de consommation finale, les ENR progressent ainsi de 4% par rapport à l’année précédente, alors que les composantes non renouvelables reculent toutes : - 2,3% pour l’électricité, - 2,7% pour le pétrole, - 3,3% pour le gaz, et - 23% pour le charbon.
La consommation de l’industrie diminue de 10 %. C’est la plus forte chute depuis 1975. La baisse touche quasiment tous les secteurs. La consommation d’énergie des transports baisse à nouveau (- 1,1 %), malgré une reprise des déplacements particuliers avec la baisse des prix des carburants. L’effondrement du trafic de marchandises est à l’origine de cette baisse qui se répercute essentiellement sur la demande de gazole. Le secteur résidentiel et tertiaire est celui qui est le moins perturbé par la crise. Sa consommation baisse néanmoins de 0,9 % (à comparer aux + 2,2 % de croissance annuelle entre 2002 et 2008). Ce sont surtout les consommations de pétrole et de gaz qui régressent, au profit de l’électricité et des énergies renouvelables. En conséquence de ces évolutions, les émissions de CO2 dues à l’énergie baissent de 5,7 %, après - 1,2 % en 2008. Elles sont 9,1 % en-dessous de leur niveau de 2005 et 6,1 % en-dessous de celui de 1990.
Enfin, avec 38 milliards d’euros, la facture énergétique française recule d’un tiers et reste équivalente à 2% du PIB (1% dans les années 1990).