RTE, le gestionnaire du réseau de transport d’électricité a présenté, le 19 janvier, le bilan électrique 2011. Une année marquée par la douceur des températures et par une bonne disponibilité des moyens de production.
La météorologie – 2011 est l’année la plus chaude en France depuis 1900 – a ainsi entraîné un recul de la consommation française de courant de 6,8% par rapport à l’année précédente. Cependant, corrigée des aléas climatiques, notamment, la consommation globale ressort en hausse de 0,8%. Car la météo n’est pas la seule cause de ce recul.
Ainsi, RTE constate qu’après une reprise, début 2011, le second semestre enregistre une chute de l’ensemble des consommations, sauf pour le segment des PME-PMI. Ainsi, la demande de la grande industrie (hors secteur énergie) est en forte baisse depuis le deuxième trimestre 2011, à un rythme annuel de -7%. Sur l’ensemble de l’année, cependant, la consommation de ce segment a légèrement augmenté de 0,4%. RTE précise que la métallurgie, la sidérurgie, la construction automobile et la chimie sont particulièrement concernées par ces baisses de consommation au second semestre, reflets de la crise financière.
De son côté, la production d’électricité a diminué en 2011 par rapport à 2010 (-1,5%, soit -8,3 TWh), pour atteindre les 541,9 TWh. La disponibilité du parc nucléaire a été particulièrement bonne, compensant ainsi le vif recul de l’hydraulique (-25,6%, soit -17,3 TWh), en raison de la sécheresse au printemps et à l’automne. Le nucléaire a ainsi enregistré un accroissement de 3,2%, soit 13,2 TWh, à 421,1 TWh. RTE note que le parc de production a progressé de 2 600 MW en 2011, notamment grâce à l’éolien (+15% à 6 640 MW), et GDF SUEZ n’est pas étranger à cette hausse (voir rubrique A vos côtés), et grâce au développement du solaire photovoltaïque, dont le parc atteint les 2 230 MW à fin 2011. Deux cycles combinés au gaz, d’une puissance totale de 850 MW ont également été raccordés au réseau (et 380 MW en ont été retirés).
Le deuxième élément marquant de l’année 2011 est le retour du solde exportateur (export moins import) à un niveau voisin de celui de 2007. Ce solde exportateur a quasiment doublé par rapport à 2010, à 55,7 TWh (+89%). Les soldes annuels sont exportateurs avec l’Allemagne, la Belgique et l’Espagne. Les échanges avec l’Allemagne ont été fortement impactés par la décision outre-Rhin de stopper sept réacteurs, après l’accident japonais de Fukushima. Dominique Maillard, le président du directoire de RTE, a souligné, lors de la présentation du bilan 2011 que, comme ces échanges avec les pays voisins sont « commerciaux », cela démontre que les prix en France ont été souvent inférieurs à ceux des pays voisins sur l’année écoulée. Ainsi, les situations avec solde importateur ont été moins fréquentes en 2011 que sur les années précédentes, avec 4 journées d’importations contractuelles nettes, (en volume donc) contre 72 en 2010.